Avec l’Eepad et son offre five d’Assila II, nous pensions avoir fait un bond en avant (avec une connexion de cinq mégas bytes par seconde), mais hélas vous savez ce qui s’est passé ! Nous y reviendrons plus loin ! Aujourd’hui, aux Etats-Unis, ils ont réussi à battre le précédent record du monde de transmission de données en atteignant la vitesse de 4.23 Gbps (il faut lire giga et non méga).
Ce résultat est trois fois supérieur à l’actuel record du monde recensé dans l’édition 2004 du Livre Guinness des Records. « Les ingénieurs du Sprint ont, en effet, réussi à envoyer en avril dernier de San Jose (Californie) jusqu’à l’université de Lulea (Suède) 840 GB de données en moins de 27 minutes. Les détenteurs du record précisent que le matériel utilisé ainsi que les réseaux de communication étaient classiques et disponibles aux particuliers. » Certes, c’est à titre expérimental, mais gageons que ces débits « monstrueux » seront mis à la disposition du grand public d’ici quelques années. Pour nos voisins, voici les chiffres des débits maximaux proposés aux particuliers et des coûts en comparaisons aux nôtres.
A vous de tirer les conclusions :
> Maroc. Jusqu’à 8 Mbps pour 17,2 euros le méga soit l’équivalent de près de 1 723 DA.
> Tunisie. Jusqu’à 2 Mbps pour 7,2 euros le méga soit près de 720 DA.
> Algérie. Le débit est limité à 1 Mbps avec un coût de 1850 DA.
Conclusion : nous possédons le plus faible débit proposé aux particuliers avec le prix le plus élevé. Revenons maintenant à l’affaire Eepad ! En octobre 2004, Algérie Télécom et l’Eepad, fournisseur d’accès privé à Internet, ont annoncé la signature d’un partenariat « durable et stratégique » portant sur le haut débit ADSL. Ce partenariat stipulait aussi que Algérie Télécom mettra à la disposition de l’Eepad les capacités de son réseau. Peu après, les responsables d’AT déclaraient que « les providers, dans leur majorité, se sont enrichis pendant des années sur le dos d’AT en exploitant ses capacités, sans pour autant consentir des investissements pour la promotion de l’Internet en Algérie. Et beaucoup des créances d’AT auprès de ces providers n’ont jamais été honorées ». Comment le choix de l’Etat est tombé sur l’Eepad ? Nul ne le sait. La bénédiction. Certaines agences d’Algérie Télécom connues sous le nom d’Actel étaient déjà prêtes à accueillir les clients de l’Eepad. Un tapis rouge a été déroulé pour l’occasion. A cette époque, l’Eepad voyait gros. En fait, l’objectif des trois gros partenariats d’AT avec Eepad est d’atteindre le million d’accès à l’ADSL en 2008 avec un tarif compétitif, à savoir 1999 DA, et des frais d’accès nuls. Ainsi, le haut débit sera déployé sur 33 wilayas et disponible dans les Actel. Le 20 avril 2008, le ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, Boudjemaâ Haïchour, annonce une baisse de 50 % des prix d’accès à Internet de type ADSL sur le réseau public. Quelques jours après, l’Eepad à son tour, fait de même. La baisse de 50 % des tarifs d’accès à l’Internet décidée par le ministre a entraîné des pertes financières pour les providers qui se chiffrent à « plusieurs milliards de centimes », selon le P-dg de l’Eepad. Cela s’explique, d’après lui, par le fait qu’il y a eu « une application de la baisse sur les ventes de détail, c’est-à-dire en direction des clients, mais pas sur les ventes de gros, c’est-à-dire en direction des providers ». En conséquence, l’Eepad a enregistré « une perte de plus de 30 milliards de centimes en 2008 », a révélé M. Harzallah sur les ondes de la radio Chaîne III. Pas d’avenir pour l’Eepad. En effet, après une coupure en mai 2009, l’Eepad a été débranchée définitivement en septembre 2009. Pourquoi a-t-on laissé l’Eepad s’endetter jusqu’au cou ? AT a précisé, après la déconnexion d’Eepad, que les dettes datent d’« avant la fameuse baisse des tarifs Internet et que, de toute façon, elle n’est pas le fait d’Algérie Télécom mais du gouvernement ». Le monopole d’Etat sur l’internet est désormais total. L’affaire l’Eepad ne serait-elle pas une autre affaire Khalifa Bank ou Tonic Emballage ?
Nacer Aouadi - Le Soir d’Algérie