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la justice autorise l’extradition vers l’Algérie

l’ex-magnat Khalifa

jeudi 25 juin 2009.

La justice britannique a autorisé jeudi l’extradition vers son pays de l’ex-magnat algérien Rafik Khalifa, condamné à la réclusion à perpétuité par contumace notamment pour faillite frauduleuse. L’avocate de M. Khalifa, Anna Rothwell, a immédiatement annoncé son intention de faire appel. Au tribunal londonien de Westminster, le juge Timothy Workman a estimé que cette extradition ne contrevenait pas aux droits de l’Homme.

Il a souligné que, si l’ancien "Golden Boy" revenait dans son pays, sa condamnation à perpétuité, prononcée en Algérie en mars 2007, serait annulée et qu’il aurait droit à un nouveau procès "suffisamment équitable" et "dans un délai raisonnable".

M. Khalifa a été reconnu coupable en Algérie d’"association de malfaiteurs, vol qualifié, détournement de fonds, faux et usage de faux". Ancienne icône de la success story à l’algérienne, il s’était éxilé au Royaume-Uni en 2003 après l’éclatement du scandale financier de la Khalifa Bank et de plusieurs entreprises de son empire. Il a été arrêté le 27 mars 2007 sur le territoire britannique dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen délivré par le tribunal de grande instance de Nanterre, près de Paris. Le parquet de Nanterre a ouvert fin 2003 une information judiciaire pour "abus de confiance, banqueroute par détournement d’actifs, banqueroute par dissimulation de comptabilité, blanchiment en bande organisée". la France a également déposé une demande d’extradition auprès de Londres mais son examen a été gelé, dans l’attente d’une décision définitive de la demande algérienne, qui prévaut à celle de Paris.

L’ancien magnat, qui a été maintenu en détention provisoire, n’a pas réagi à la lecture du jugement. Son avocate a promis de faire appel devant la Haute Cour de Londres, un processus qui devrait nécessiter de longs mois. Dans ses attendus, le juge s’est dit "convaincu que les assurances diplomatiques" données par l’Algérie quant au respect des droits de M. Khalifa étaient "à la fois fiables et de toute bonne foi".

M. Workman a également déclaré n’avoir trouvé "aucune preuve" permettant de soutenir que l’Algérien était victime d’un règlement de compte politique, comme l’affirme sa défense, de la part du président algérien Abdelaziz Bouteflika. Rafik Khalifa avait créé de toutes pièces un véritable empire dans les années 90, alliant banque, transport aérien, télévision, location de voitures, édition.... Fils d’un ancien chef des services de renseignements qui avait été ministre du premier président algérien Ahmed Ben Bella (1962-65), Rafik Kahlifa était devenu le symbole de l’ouverture de l’Algérie à l’économie de marché.

Le vent avait tourné en novembre 2002, lorsque les opérations de la Khalifa Bank ont été gelées, à la suite de malversations décelées par les autorités algériennes.


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