lundi 22 juin 2009.
La moitié du million de logements supplémentaires noté dans le plan d’action du gouvernement pour le quinquennat 2009-2014 se matérialisera par des logements ruraux. C’est ce qu’a affirmé, samedi, lors du forum de l’ENTV, le ministre de l’Habitat, Noureddine Moussa.
Le ministre ne livre pas un scoop. L’information est déjà vieille d’une semaine. Nourredine Moussa l’avait déjà affirmé au Sénat. La nouveauté, si l’on peut dire, est que le ministre intègre une dose d’aléatoire dans son assertion, puisque, précise-t-il, c’est au président de la République d’en décider. Seulement, la probabilité de voir la moitié du million de logements se décliner en logements ruraux est assez forte. Le ministre de l’Habitat valide cette éventualité par la forte demande enregistrée pour cet habitat. Evidemment, Noureddine Moussa s’est défendu sur le fait que cette option ne soit prise que pour garnir un futur bilan soupçonné de peu réalisable par nombre d’observateurs. Ceci même si ce qu’il a avancé comme bilan relatif au quinquennat précédent, toujours en matière de logements, plaide pour une faisabilité de la projection. Selon le ministre, en effet, au dernier recensement effectué au 31 mars 2009, sur le million de logements promis, il a été réalisé près de 8 700 unités. Le reste, a-t-il insisté, sera finalisé avant la fin de l’année. Mais la crise aiguë que vit la production de ciment, dont le prix fait dans la voltige, ne risque-t-il pas de perturber la statistique ? Le ministre de l’Habitat a l’optimisme intégral, d’autant que l’Etat s’est engagé à importer près de 1 million de tonnes supplémentaires. L’Algérie produit 17 500 000 tonnes de ciment par an et le secteur du bâtiment consomme les 80% de cette production. Dans la logique du ministre, les importations agiront dans le sens d’atténuer la crise sur ce produit. Et, poursuivant son raisonnement, Nourredine Moussa a estimé que cette tension renseigne sur un regain d’activité dans le secteur, puisque la demande est plus prépondérante que l’offre. Logique qu’un ministre défend le bilan de son secteur. Cependant, Noureddine Moussa est resté évasif sur la question relative à l’application de la loi relative à l’achèvement et à la conformité des bâtisses réalisées avant juillet 2008, date de la promulgation de la loi. Selon le ministre, il s’agit d’une loi exceptionnelle qui a une durée de vigueur de 5 ans. Certes. Mais le ministre ne dit pas pourquoi la mise en application de cette loi n’est pas intervenue une année après sa promulgation. Ceci d’autant qu’il se susurre que l’application de ladite loi connaît des difficultés. Concernant le vieux bâti, Noureddine Moussa a informé que jusque-là, pas moins de 16 600 bâtisses ont fait l’objet d’expertises et que la seconde étape, à savoir la restauration, interviendrait incessamment. Interrogé sur la loi pénalisant l’extraction du sable des oueds et les conséquences que cela pourrait avoir, en termes de ralentissement sur les chantiers engagés ou à engager, le ministre a expliqué que la question fait l’objet d’une réflexion afin que des solutions adéquates soient trouvées. Le ministre a aussi fait cas de l’engagement d’une inspection générale de l’urbanisme. Celle-ci est censée cerner tous les aspects liés aux normes de l’habitat, y compris le beau ou l’esthétique. Pour le ministre, les directions de l’urbanisme, dotées d’un budget de 300 milliards de dinars pour les 4 dernières années, sont à pied d’œuvre. S’agissant des zones urbanisables, le ministre a fait part d’un recensement qui a touché l’ensemble des communes. Cette expertise a touché 1 046 zones. Le ministre a expliqué que cette révision permettra de dégager des zones pour des implantations urbaines, exploitables immédiatement ou à l’avenir.
Source : Le Soir D’Algerie