Actualité Algérie
 

Algerie : Le boom des mariages par la “Fatiha”

Les couples officialisent de moins en moins devant l’administration

jeudi 14 août 2008.

Selon des estimations officieuses, le phénomène du mariage par la Fatiha est en train d’affoler tous les compteurs. Si en période estivale, le temps est aux cortèges nuptiaux, le reste de l’année les liaisons s’“officialisent” à l’abri de l’intimité familiale. Loin des cachets ronds de l’administration civile, des couples s’unissent par la seule volonté de la Fatiha, en présence d’un taleb et de deux témoins.

Peu de monde requis donc et un minimum de préparation demandée pour sceller un mariage “à l’ancienne” de plus en plus prisé, et pour différentes raisons. Licite aux yeux de la religion, cette union semble faire l’affaire de beaucoup de couples qui n’hésitent plus à franchir le pas. Un premier temps, marginalisé dans l’esprit et regardé d’un œil suspicieux, puisque frappé du sceau du secret et de l’intimité, le mariage par la Fatiha est entré dans les mœurs et, signe des temps, il est de plus en plus recherché même chez les filles de “bonnes” familles. L’essentiel est de ne pas rester en rade sur l’autoroute des “célibataires malgré eux”. Kenza, 40 ans, enseignante dans un lycée de la périphérie d’Oran est catégorique à ce sujet. “Je suis preneuse”, résumera-t-elle la situation. Mignonne, élancée, Kenza n’a pourtant pas le profil d’une femme à marier. Son physique plutôt agréable et son ouverture d’esprit lui ont, à plusieurs fois, joué de mauvais tours. Agacée par son manque d’initiative et son désespoir à rencontrer le prince charmant, Kenza se dit prête à convoler en justes noces même si c’est à travers un mariage par la Fatiha. “Et alors, où est le mal ? Si c’est permis par l’Islam, je ne vois pas trop où ça peut coincer”, dira-t-elle. Consciente des difficultés de trouver un mari “idéal”, elle se veut un brin philosophe. “À mon âge, je ne vais sûrement pas épouser quelqu’un pour sa beauté ni pour son esprit. Je veux me caser et presque tous les hommes intéressants sont déjà pris”. Le mariage par la Fatiha est une porte de secours pour nombre de femmes qui se retrouvent seules, trahies par le cours de la vie. Selon B. Sadek, sociologue, cette option, même si elle présente des aspects négatifs ou plutôt débouche sur des conséquences parfois dramatiques, s’inscrit dans la logique du moment. “On ne peut pas reprocher à deux personnes de s’unir quelle que soit la nature de cette union, d’autant plus qu’elle est licite”, s’étonne-t-il d’une levée de boucliers contre cette pratique. “Pourquoi ce phénomène, s’interroge-t-il, ce mariage a de tout temps existé, chez nous et ailleurs, alors pourquoi cherche-t-on à le stigmatiser ?” Pour notre interlocuteur, le mariage par la Fatiha a permis de dégoupiller pas mal de drames familiaux et de résoudre des cas extrêmes qui se seraient facilement réglés dans le sang. Même s’il estime que c’est une solution qui ne peut durer dans le temps, notre sociologue affiche, en revanche, une farouche opposition à ses détracteurs. “Même avec des conséquences fâcheuses, cela vaut mieux que la débauche ou le concubinage”, affirme-t-il. B. Sadek cherche pourtant à relativiser l’ampleur du phénomène en l’absence de toutes statistiques vérifiables. Souad, Soussou, pour le milieu, avoue s’être rangée après sa rencontre avec Ahmed, un client quinquagénaire.

Des vies et des chiffres “C’était ce que les filles appellent un régulier, ils venaient me voir une ou deux fois par semaine et avec le temps on a sympathisé. Il m’a prise en pitié ou je ne sais quoi, et il m’a proposé le mariage par la Fatiha”. Souad ne se fera pas prier et, depuis, elle se sent moins rejetée par les siens. “Cela a changé pour moi. Ce n’est pas la belle vie, mais ça m’a permis de sortir du milieu. J’en connais beaucoup comme moi qui se sont mariées avec des mecs plus âgés, rien que pour fuir leur situation.” Ce que Souad n’ose pas avouer, par contre, c’est l’envers du décor, le côté cour de ces unions. “Ce n’est pas toujours rose”, confesse Zakia. La trentaine, le teint blafard et la bouche fatiguée, elle tire nerveusement sur sa énième cigarette. “Tu sais, au début on se dit qu’on a décroché le gros lot, mais au bout de quelques mois de vie commune on s’aperçoit qu’on a mis notre destin entre les mains d’un monstre”. Pour elle, le mariage par la Fatiha a tourné au cauchemar lorsqu’elle quittera le toit conjugal, une nuit d’hiver, le visage tuméfié et quelques côtes fêlées. “Qu’est-ce que tu veux que je te raconte de plus ? Pour lui, le fait de ne pas avoir un livret lui conférait tous les droits. Il était déjà marié et père de trois enfants et moi j’étais son jouet sexuel et son défouloir. À chaque fois que j’abordais le sujet de la maternité avec lui, ce sont des coups de poing que je recevais en guise de réponse. À la fin, j’en ai eu marre de sa violence et j’ai fui laissant tout derrière moi. Je ne sais même pas si je suis toujours considérée comme sa légitime, mais maintenant c’est la rue qui est mon toit”. Autre cas de figure, et loin des marginaux de la vie, ceux qui se trouvent obligés de passer par là en attendant mieux. Pour Mourad et Fatiha, deux jeunes qui s’aiment depuis les bancs du lycée, le mariage par la Fatiha était l’unique solution pour ne pas se séparer. “Ma condition sociale ne me permet pas pour le moment d’épouser traditionnellement ma bien-aimée, mais on a trouvé cette solution comme assurance aux yeux des deux familles”, expliquera Mourad. “Un aârboun si tu veux pour qu’elle soit mienne, mais il n’est pas question de consommer quoi que ce soit parce que pour nos familles, il est hors de question de s’unir en dehors d’un vrai mariage”. Si le mariage par la Fatiha continue de diviser, il reste qu’on le veuille ou non partie prenante de nos traditions, même si les tribunaux administratifs traitent de plus en plus de cas liés à cette pratique. Ainsi, à Oran, 451 affaires liées à la famille ont été tranchées sur les 2 339 dossiers traités au cours du 1er semestre de 2008. Le service de l’état civil de la commune d’Oran, qui accueille chaque semaine des dizaines de victimes dans ce cas, a enregistré près de 200 demandes de reconnaissance de mariage au cours du 1er semestre 2008, tandis que les tribunaux relevant de la cour d’Oran continuent d’enrôler des affaires liées à la reconnaissance de mariages par la Fatiha. Malgré une instruction du ministère des Affaires religieuses, faisant obligation aux imams de ne prononcer la Fatiha que pour les unions déjà officialisées par un acte administratif dûment établi et présenté par les deux époux lors de la cérémonie, le phénomène persiste.

Source : Liberté


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Forum : il y a 8 contribution(s) au forum.

Algerie : Le boom des mariages par la “Fatiha” le : 15 août 2008
je suis triste de voir à quel point mon beau pays va mal...la misère est partout jusqu’aux coeurs et à l’amour...mais quel avenir pour tous nos jeunes !! la perdition est totale...nous allons tout droit vers une société moyen-âgeuse !!
Algerie : Le boom des mariages par la “Fatiha” par pour mon pays, le : 17 août 2008
je repond a la personne qui dit que l’algerie retourne a la societe au moyen age ,parce que vous monsieur vous vivez a l’etranger vous avez paz de souci a faire .cette annee en est partie au mois de juillet je trouve que toute est normal il ya tout ce qu’il faut en algerie et aussi il sont plus civilise que d’autre personne vive a l’etranger ,au moins en algerie en est chez nous .personne nous dit rien .je vous r’appele monsier que les plages d’algerie son les plus encienne du monde.mais nous jeune de notre pays il son plus gaie que vous monsieur .si vous reponds monsier parce ca me fait mal au coeur que vous critique notre pays 
Voir : reponse des mariage par la fatiha
Algerie : Le boom des mariages par la “Fatiha” par Ihave a dream, le : 17 août 2008
Désolé, je n’ai pas bien compris ton texte.Je te recommande d’ecrire en arabe car meme en 2008, il ya des etres qui vivent au moyen age. J’espere uniquement que tu n’en fais pas partie.Amicalement
Algerie : Le boom des mariages par la “Fatiha” le : 24 août 2008
QUEL MEPRIS. UN PEU D’INDULGENCE NE TE FERA PAS DE TORT.
Algerie : Le boom des mariages par la “Fatiha” par ahmed, le : 17 août 2008
pauvre ignorant en dirai que tu vie pas en algerie .il ya du travail dans notre pay mai les jeunes ne veulent pas travailler comme il a dit le président il ya du boulot dans les batiment mais tous les jeune veulent travailler dans le gardienage si tu veu pas etre pauvre travaille dans n’importe quoi mai les jeune ne veus pas bosser .
Voir : le boom des mariages pare la fatiha
Algerie : Le boom des mariages par la “Fatiha” le : 18 août 2008
mais c’est ca le probleme de nos jeunes en algerie ,mais monsieur si quelqu’un a fait des etude ,il faut qu’il cherche son metier mais en algerie c’est le piston qui compte ,alors tu fait des etude ou pas c’est pareil . je sais tres bien que chez nous il ya du travail,mais pas pour tout le mon mon cher ami. mais vous avez dit dans le gardienage vous ete au courant que les societes de gardienage sont des societes etrangere ,alors si vous connaissaiz pas quelqu’un il faut pas esperee beaucoups. les societe gardinage ils sont tous dans le sud du pays .alors il faut arrete du croire . mais les jeunes de chez nous veulent tous partir du pays comme ils disent HARAGA,mais avant de faire ca il faut accepte toute les conditions qui arrivent il faut pas refuse du travail . mais a l’etranger il va etre pdg ou responssable mon pauvre ami ;j’espere que vous avez compris monsieur mais ca me fait plaisir de parler sur les probleme de chez nous
Voir : a mon pays
Algerie : Le boom des mariages par la “Fatiha” par ahmed, le : 19 août 2008
je suis desolé monsieur celui qui a crée l’hetre humain ne le delesse pas .en algerie il ya tous ,s’il n ya rien comme vous dite pourquoi les etrangers investi chez nous malgré la conjoncture actuel du tero .a l’etranger j’ai j’amais vu un algerien sans papiers pdg il y’a des jeunes qui s’ont leur papier et un niveaux superrieur de l’algerie, et malheureusement ils travaillent au netoyage se n’est pas que le niveau et bas au contraire nos jeunes ils ont dans le servaux, mais pour les baisser pour qu’ils soient a leurs guise .je respect votre avis mai c’est ça la verité .lantarda alayka elyahoud wanassara hata tatabiaa milatahom .
Voir : boom de mariage par fatiha
Algerie : Le boom des mariages par la “Fatiha” le : 22 août 2008
ca doit etre de l’arabe littéraire écrit à la fin de votre texte, je ne comprends pas pouvez vous me dire ce que cela veut dire ? Je suis une française d’origine algérienne qui y est allée cette année après 19 ans d’absence...Les jeunes qui veulent travailler sont tous au travail soit pour le compte de la gendarmerie ou de l’armée à proprement dit, le reste des travaux proposés ne sont pas flagrants, mais l’Algérie s’est améliorée reste encore pas mal de marge. Quand au mariage par la fatiha c le seul moyen qui reste aux "pauvres" pour construire quelque chose dans leur vie et comme en France les "pauvres" paient plus cher que les autres notamment le manque de protection pour les femmes tel que j’ai pu le lire dans l’article. ce qui est évident c que l’inflation de plus en plus importante dans ce pays que je respecte n’a pas enlevé la joie de vivre de leurs habitants, les rires, les soirées
Voir : Intervention au dialogue

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