Actualité Algérie
 

Climat des affaires : classement peu flatteur pour l’Algérie

Mauvaises cotations et mauvaises notations

vendredi 9 novembre 2007.

L’Algérie serait-elle une mauvaise élève ? A regarder les classements des institutions internationales, l’Algérie semble accumuler les mauvais points. Deux rapports publiés cette semaine émanent de deux sources différentes notent sévèrement l’Algérie.

Le premier sur la compétitivité mondiale 2007-2008, publié le 31 octobre dernier par le World Economic Forum souligne que l’accès au financement, la bureaucratie gouvernementale mal organisée et la corruption sont les facteurs les plus problématiques pour faire des affaires en Algérie. Le document cite aussi la fiscalité, les taxes de régulation, une main-d’œuvre non qualifiée, une réglementation de travail restrictive, l’instabilité politique. Le rapport classe ainsi l’Algérie à la 81e position dans le classement de la compétitivité de 131 pays. La Tunisie est classée à la 32e place, l’Arabie Saoudite (35e), les Emirats arabes unis (37e), Oman (42e), Bahreïn (43e), la Jordanie (49e), le Maroc (64e), l’Egypte (77e), la Syrie (80e), la Libye (88e), et la Mauritanie (125e). L’Algérie a obtenu la mauvaise note notamment en matière d’efficacité du marché de la main-d’œuvre, (classée à la 124e place), de sophistication du marché financier (127e rang), de développement technologique (105e position) et enfin de climat des affaires sophistiqué (114e place). En matière des institutions, l’Algérie occupe la 64e position, de l’infrastructure le 82e rang, de l’efficacité du marché des biens (92e), l’éducation supérieure et de la formation (94e). L’Algérie, par contre, est mieux notée concernant la stabilité macroéconomique (2e place) et la taille du marché (42e position). La seconde partie du rapport livre un examen détaillé des aspects micro-économiques de la compétitivité présentés dans le Business Competitiveness Index, l’Algérie est classée à la 97e position. Le classement concernant cet indice prend en compte les opérations et la stratégie des entreprises et la qualité de l’environnement des affaire. L’Algérie continue à pâtir de la mauvaise perception de son climat des affaires. Sur ce point, l’Algérie occupe la 91e place sur 131 pays. Le classement est établi sur la base d’une combinaison de données accessibles au public et des résultats de l’Executive Opinion Survey, une étude annuelle exhaustive réalisée par le World Economic Forum. Cette année, plus de 11 000 chefs d’entreprise ont ainsi été sondés dans 131 pays, un record à ce jour. Le sondage passe en revue un large éventail de facteurs influant sur le climat conjoncturel. Le rapport inclut également des listes complètes des principaux points forts et points faibles des pays, ce qui permet d’identifier les priorités à aborder dans le cadre de réformes. Un autre document émanant cette fois-ci du groupe de la Banque mondiale a été publié lundi dernier sur la logistique commerciale, c’est-à-dire la capacité à accéder aux marchés internationaux pour expédier des marchandises. Il en ressort qu’il est fondamental que les pays en développement disposent de cette capacité pour améliorer leur compétitivité, recueillir les fruits de la mondialisation et lutter plus efficacement contre la pauvreté dans un monde toujours plus intégré. Cette étude, intitulée Connecting to Compete : Trade Logistics in the Global Economy, repose sur une enquête mondiale sur les transitaires et des transporteurs express internationaux. Elle montre qu’il est essentiel d’augmenter la capacité à établir des liens entre les entreprises, les fournisseurs et les consommateurs dans un monde où la prévisibilité et la fiabilité deviennent plus importantes que les coûts. “De plus en plus, l’accès des pays aux marchés mondiaux est un facteur fondamental de leur capacité à faire face à la concurrence, se développer, attirer les investisseurs, créer des emplois et réduire la pauvreté”, note Danny Leipziger, vice-président chargé de la lutte contre la pauvreté et la gestion économique à la Banque mondiale. “Pour les pays qui ne disposent pas de ces moyens d’accès, le coût de l’exclusion est considérable, et ne fait que croître”, ajoute-t-il. L’étude contient un indice de performance logistique (LPI). Grâce à cet indice, c’est la première fois que la performance logistique de 150 pays est évaluée de façon approfondie au niveau international. Cette évaluation repose sur une enquête mondiale réalisée par plus de 800 spécialistes de la logistique et regroupe les résultats obtenus dans sept domaines, des plus traditionnels tels que les régimes douaniers, les coûts logistiques (notamment les taux de fret) et la qualité des infrastructures aux plus récents comme la capacité à suivre et localiser les chargements, le respect des délais de livraison et la compétence du secteur national de la logistique. L’enquête a bénéficié du concours de la Fédération internationale des associations de transitaires et assimilés, de la Global Express Association, du Partenariat pour la facilitation du commerce mondial et de la Turku School of Economics, qui y ont participé. A l’autre extrême, on trouve des pays à faible revenu, en particulier les pays enclavés d’Afrique et d’Asie centrale. L’Algérie est classée 140e sur 150 pays, très loin dernière la Tunisie et le Maroc classés respectivement aux 60e et 94e rang. L’Algérie ne devance que 10 pays, entre le Chad, le Niger, le Serra Léone, Djibouti, Tadjikistan et Afghanistan. L’Algérie est devancée par des pays moins lotis économiquement comme le Mali, la somalie, la Namibie, la Tanzanie et le Togo pour ne citer que ces pays-là. Les pays développés sont ceux qui obtiennent les meilleurs résultats. Parmi les sept pays les plus industrialisés, l’Allemagne est classée 3e, le Japon 6e, le Royaume-Uni 9e, le Canada 10e, les Etats-Unis 14e, la France 18e et l’Italie 22e, sur un total de 150 pays étudiés. On observe également des différences importantes entre des pays en développement dont le revenu est comparable. Ainsi, la Chine et le Chili occupent respectivement les 30e et 32e rangs, tandis que certains pays à revenu plus élevé, des producteurs de pétrole par exemple, ne donnent généralement pas la pleine mesure de leurs capacités. C’est le cas pour l’Algérie. “Une raison pour cela peut être l’absence relative dans ce pays de stimulants et de pression du secteur privé pour exécuter des réformes institutionnelles pour le commerce et le transport, dû aussi à la dominance de pétrole dans les exportations ” fait remarquer le document. “La logistique est l’un des principaux moteurs de la compétitivité. Elle peut entraîner le succès ou l’échec d’un pays à l’heure de la mondialisation”, affirme Uri Dadush, directeur chargé du commerce à la Banque mondiale. “ Un pays peut être doté d’un bon régime douanier, mais il suffit qu’il soit peu efficace dans un ou deux domaines de la chaîne logistique pour que ses résultats économiques subissent de graves répercussions. Il donne alors l’impression de ne pas être fiable”. L’étude, réalisée sous la direction de Jean-Francois Arvis et Monica Alina Mustra, économistes à la Banque mondiale, donne des exemples concrets. Elle montre ainsi comment un pays éloigné comme le Chili parvient à vendre du poisson frais et des fruits périssables à des consommateurs d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord grâce au bon fonctionnement de sa chaîne logistique. Autre exemple : l’importation d’un conteneur de 20 pieds de Shanghai à N’Djamena, capitale d’un pays enclavé, prend environ dix semaines et coûte 6 500 dollars, alors qu’il suffit de quatre semaines et de moins de 3 000 dollars pour expédier le même conteneur dans un pays enclavé d’Europe centrale ou occidentale. L’enquête révèle également que lorsque le commerce joue un rôle central dans un pays en développement, ce pays obtient de meilleurs résultats que d’autres dont le revenu est analogue. Elle cite les exemples de l’Afrique du Sud (24e pays de l’indice et premier pays africain), de la Malaisie (27e), du Chili (32e) et de la Turquie (34e) parmi les pays à revenu intermédiaire, tranche supérieure, de la Chine (30e) et de la Thaïlande (31e) parmi les pays à revenu intermédiaire, tranche inférieure, et enfin de l’Inde (39e) et du Viet Nam (53e) parmi les pays à faible revenu. Si l’on considère la performance des pays en développement par région, ceux qui affichent le meilleur bilan sont la Corée (à la 25e place) en Asie de l’Est, le Chili (32e), suivi de l’Argentine (45e) et du Mexique (56e) en Amérique latine, l’Inde (39e) en Asie du Sud, l’Oman (48e) au Moyen-Orient et la Turquie (34e) en Europe de l’Est. D’après cette étude, l’amélioration de la performance logistique dépend également de la situation générale de la gestion des affaires publiques et des institutions. Si dans les 30 premiers pays de l’indice, les paiements informels (pots-de-vin par exemple) sont rares, ils se révèlent fréquents parmi les derniers (50 % environ des pays ayant répondu à l’enquête). Par ailleurs, l’étude indique qu’il faut associer des réformes précises, la modernisation des douanes par exemple, à des améliorations de tous les aspects de la chaîne logistique. “ Les pays doivent mieux coordonner leurs procédures aux frontières avec d’autres organismes, améliorer les télécommunications, les technologies de l’information et les infrastructures physiques et faciliter le fonctionnement de services privés concurrentiels tels que le camionnage, le courtage en douane et le magasinage ”, affirme Jean-François Arvis. Sur un certain nombre d’aspects, liés à toute la chaîne du commerce extérieur, l’Algérie est aussi mal classée. Pour l’efficacité de la douane, elle occupe la 148e position, pour la qualité d’infrastructure de technologie de transport et d’information pour la logistique le 139e rang, pour la Compétence de l’industrie de logistique locale 139. L’Algérie est mieux notée concernant le prix de logistique domestique et classée à la 33e place. “ Il est fondamental de réformer en profondeur la logistique et la facilitation du commerce pour réduire les disparités dans le domaine de la logistique ” ajoute Monica Alina Mustra. “ Il faut améliorer les marchés des services logistiques pour réduire le manque de coordination, en particulier lorsqu’il est dû aux organismes publics actifs aux frontières, et susciter une forte adhésion pour favoriser le changement et le développement économique”, indique l’étude.

Source : Liberté-Economie


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Forum : il y a 1 contribution(s) au forum.

Climat des affaires : classement peu flatteur pour l’Algérie par Mohammed BENAMAR, le : 30 janvier 2008

Paramètres extérieurs de l’Algérie peuvent etre detécté et classé , mais à l’intérieur , ces chiffres ne sont pas plus qu’un tirage au sort donc ne soyons objectifs sur celà.

Mohammed BENAMAR


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