Bouteflika serait gravement malade !!

Intox et manip des médias français

lundi 12 décembre 2005.

C’est cette même presse qui a fait l’impasse sur des informations concernant les maladies de Pompidou et Mitterrand.

Certains médias français, et non des moindres, font feu de tout bois sur le sujet de la maladie du chef de l’Etat. Ainsi, après les quotidiens Le Monde et Le Figaro, c’est la chaîne de télévision TF1 qui monte en épingle l’hospitalisation du chef de l’Etat pour semer le doute au sein de l’opinion algérienne quant à la version officielle donnée par les autorités centrales sur l’état de santé du président de la République. Emboîtant le pas à l’Agence France Presse qui a été « recueillir » le sentiment des Algériens sur le sujet, TF1 a braqué ses caméras sur le quartier mythique de Bab El Oued. Dans un reportage de plusieurs minutes diffusé, avant-hier, au Journal Télévisé de 20 heures, la première chaîne de télé française a tout fait pour donner de la société algérienne, l’image d’un peuple en total désaccord avec l’Etat qui ne croit pas du tout à la version officielle. Pis, à entendre les propos des citoyens sélectionnés par la direction de TF1, l’on a l’impression que le pays est au bord de l’explosion, que l’Algérie ne tient qu’à un seul homme. Ce reportage n’est pas la seule manifestation des médias français concernant ce point précis. Bien avant la publication du bulletin de santé du chef de l’Etat, le journal Libération a « commis » un papier alarmiste dans le seul but de détruire toutes les déclarations optimistes émanant de la chefferie du gouvernement ou d’autres centres de décision algériens. Dans cette guerre de la communication, les autorités centrales ont réussi à prendre le dessus, mais pour un temps seulement. Les journaux français qui s’interrogeaient sur l’absence du bulletin de santé, pour semer le doute, ont redoublé de férocité après que le fameux document médical eût été rendu public. Et pour cause, une semaine à peine, après l’intervention chirurgicale subie par le président Bouteflika, l’AFP ouvre le bal de la manip en convoquant un spécialiste pour lui faire dire que la nature du mal dont souffre le chef de l’Etat est d’une gravité extrême.

Le spécialiste en question n’avait évidemment pas le dossier de Bouteflika sous les yeux. Il n’a fait qu’interpréter un communiqué laconique des médecins du président. Mais lorsqu’on cherche un pou dans la tête d’un chauve, une telle remarque devient un avis médical quasi autorisé. Même si l’information médicale dans une structure hospitalière comme le Val-de-Grâce est protégée par le double secret médical et militaire. Il n’en fallait pas plus à la presse écrite et audiovisuelle français pour s’engouffrer dans la brèche et multiplier les articles et autres reportages aussi alarmants les uns que les autres. Le Monde reprend textuellement la dépêche de l’AFP qui servira d’accroche pour un long article publié par Le Figaro sous le titre « racoleur » de « La mystérieuse maladie de Bouteflika ».

C’est cette même presse qui a fait l’impasse sur des informations qu’elle détenait concernant la grave maladie du président Pompidou qui a traîné pendant deux ans un cancer sans qu’aucun titre, ni Le Monde et encore moins Le Figaro aient traité l’information, pourtant presque publique. Une situation qui a conduit à « l’annonce-surprise » de sa mort en décembre 1973. C’est également la même presse qui a accueilli le premier mandat de Mitterrand, « ignorant » qu’à sa prise de pouvoir, l’homme souffrait d’un cancer de la prostate. L’affaire n’a éclaté au grand jour qu’à quelques mois du décès du président. D’ailleurs, ce dernier avait quasiment perdu toutes ses capacités intellectuelles plus d’une année avant la fin de son second mandat.

La France était, pour ainsi dire, sans gouvernant. Sur ces deux importantes questions, aucun organe de presse n’a trouvé à redire. Faut-il signaler que l’adoption du régime du quinquennat en remplacement du septennat est en relation avec le cas Mitterrand. Les dirigeants français, autant d’ailleurs que leur faune médiatique ne voulaient pas que l’expérience d’un président impotent à la tête de la République se reproduise. A aucun moment, l’on a assisté en France à un véritable débat sur la question de la maladie des présidents. Tout juste si le sujet a été effleuré, histoire de berner l’opinion publique. La loi de l’omerta semble très bien fonctionner lorsqu’il s’agit de l’intérêt supérieur de la France. Il est donc clair que les médias français et les cercles politiques qui les actionnent n’ont aucune leçon à donner aux Algériens pour ce qui concerne la manière de gérer l’information sur la santé du président. Cela dit, il est entendu que le silence subit des officiels algériens concernant le président de la République a permis à la rumeur de trouver son chemin au sein de l’opinion, et les médias français se nourrissent de ce vide pour souffler sur le feu. Jumelé à certaines déclarations de politiciens réactionnaires, à l’image de Philippe de Villiers, le boulot qu’abat la presse française ressemble à s’y méprendre à une opération de déstabilisation. Le mot est peut-être un peu fort, mais l’on est en droit de s’interroger sur cette campagne d’intox. Et pour cause, à voir l’acharnement de ces titres de presse, l’on est amené à penser que lorsqu’un président français tombe malade, c’est normal, mais qu’un président algérien soit admis à l’hôpital, cela relève du scoop politique. Comme si Bouteflika a commis une erreur en contractant un ulcère.

Saïd BOUCETTA

Source : lexpressiondz.com


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